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Parcourir Delhi pour accomplir les dernieres missions.
Aller chez Claire, amie du Janadesh, récupérer notre gamelle, quelques bouquins, un kway, des papiers, des souvenirs et le billet d'avion.
Faire un tour en rickshaw musique à fond.
Manger au fameux resto Big Chill.
Poster les dernieres cartes postales, celles de Maud, et celles pour nos familles à Bodhgaya, Varanasi et Udaipur.
Acheter des provisions pour l'avion : eau, parle G et chewing gum à la menthe.
Faire le tri du tri du tri dans notre sac, tout en sachant qu'il pesera toujours plus de 20 kg.
Se preparer mentalement au froid et à la pluie qui nous attend à Paris tout en se balladant dans les rues du Main Bazar sous 30 degres et beaucoup de poussieres.
Il est 15h02. L'avion est à 2h25 cette nuit. Un taxi est prevu. Si le taxi est comme celui de Maud, partie la veille a minuit, nous quitterons Delhi en Ambassador. La grande classe. De toute facon, on se la pete depuis le depart.
Je m'en vais faire une sieste. Aucune pensée ne vient perturber l'autre.
J'imagine juste ce que ca va faire de rentrer, tout en sachant que ce n'est pas ce qu'il se passera. Je serais surement inondee d'amour ou etranglee par la panique. Je me laisserais peut etre mourrir pendant quelques jours pour refaire peau neuve et endosser a nouveau mon costume occidental. Je prendrai peut etre le relais de moi meme, sans transition, faisant la queue comme tout le monde et ne disant bonjour qu'aux visages que je connais. Je pleurerai surement en ecoutant la musique. Je prendrai sans doute la main de ceux qui trembleront de me voir ainsi. Identique a hier. Je n'ai pas change. Je dis peut etre ce que je pense et je pense moins que ce que je dis.
J'aimerai pouvoir garder ce pays en moi.J'aimerai me souvenir sans rien epuiser.
J'aimerai rester en contact avec certains amis d'ici. J'aimerai puiser dans la force qui est nee de mes experiences indiennes pour rester connectee aux ambitions, aux projets, aux intuitions qui se sont construits durant mon voyage. J'aimerai rester entierement humaine, pleinement terrienne. J'aimerai continuer a raconter ma vie comme ca. J'aimerai continuer a lire des mots, des messages, des lettres de mon entourage ou autres inconnus qui, du fait que je sois loin et qu'il n'y a "rien a craindre",m'envoie de l'amour et des emotions en forme de mots, de messages et de lettres. C'est toujours plus facile de dire quand on est loin. Je resterai aussi loin que je pourrai tout en restant intimement proche d'ici.
Blablabla
Beaucoup disent qu'une fois revenu, le quotidien t'avale sans laisser une seule miette d'ailleurs.
Va, vis, deviens.
Je suis malade.
Somatisation.
Tant pis.
J'utiliserai un mouchoir.
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