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Pourquoi ce sourire en coin ce matin? Je ne sais pas.
J'avais pourtant la migraine. Il etait pourtant deja midi. Il faisait pourtant deja trop chaud.
Mais j'avais ce sourire en coin.
Je savais qu'on etait deja le 23. Je savais que je n'allais rien faire de la journee. Je savais que j'allais terminer mon bouquin sans en commencer un autre.
Il n'y a plus d'autres bouquins, du moins, deux ou trois, mais qui ne m'interressent pas.
J'avais ce sourire en coin malgre le joueur de jazz manouche qui entamait le meme air, trop reconnu, trop repete.
Ou etait mon "je vais lui faire manger sa guitare" ?
C'est le macaque qui l'a volé, tout comme il est entre en douce dans notre chambre, alors que nous lisions, pour nous voler notre paquet de biscuit Parle G, pour le manger, tout en nous narguant, sur la terrasse ensoleillee, ou je ne mets plus les pieds.
Parce que trop de singes surgissent par surprise.
Parce que la chaleur est ecrasante.
Parce que l'epicier d'en face est vraiment trop magnifique pour que je continue a le devorer des yeux ainsi.
Mieux vaut manger des yeux un bel homme plutot que de manger de l'esprit des pensees ameres.
C'est vrai.
A midi, ce n'est plus l'heure du petit dejeuner.
C'est l'heure de manger des oeuf durs et du fromage blanc avec des rondelles de banane.
Voila ce que j'ai fait, le sourire en coin. Sous un toit de paille, entouree par trois murs bleus, devant les toits de nos voisins. Au loin, une colline et son temple.
Nous etions nombreux, tous francophones, devant nos petits dej transformes en lunch, a profiter du temps sans mesure. Les 3/4 portaient des dreadlocks et aimaient jouer aux cartes en fumant des petards. Tout ce que je deteste. En realite. J'avais oublie cet esprit "roots" qui me fait penser a un mensonge plutot qu'a une rebellion.
Suis je devenue intolerante?
Je ressens plutot une crispation face a certains individus qui entrent, sans deborder, dans des stereotypes.
Maud me dit que je suis fatiguée.
Moralement et physiquement.
J'ai dormi 12h cette nuit.
Il y a des choses que je ne supporte plus.
Comme les francis dredeux fumant des petards et jouant du jazz manouche.
Par exemple.
Bundi est une ville magnifique.
J'ai oté mes bagues d'orteil.
Paisible, colorée, investie par les hommes et les betes, composant ainsi ensemble un espace vivant et debordant de cris en tout genre.
Le cri du porc.
Le cri de la vache.
Le cri du singe.
Le cri de l'homme.
Le cri de l'oiseau.
Le cri prevenant le passage.
Nous pensons alors à la liberation des animaux maintenus en cage dans les zoo citadins.
Je crois surtout que nous sommes pleines de langueur.
Une rose, une jaune, une bleue, une verte. Les maisons.
Un, deux, trois, quatre. Mariages.
Un marche. Une grande aire maraichere.
Une belle agitation. Ne surtout pas trop en faire. Tout le monde fume du hashish.
3 ou 4 jours, peut etre, que nous sommes la. Il n'y a pas grand chose a faire, mais j'ai deja le sentiment d'en avoir trop fait.
Je mange trop de raisins.
Je lis trop de lignes.
J'ecris trop de betises.
Je porte trop l'Inde sur moi.
Je pense trop a l'avion.
Je marche trop lentement.
Je bois trop de chai.

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