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Cours de yoga. Tout se fluidifie. Le corps et l'esprit.
Le prof rit de cette alternance entre Ded et moi, au fil des jours. Un jour elle, un jour moi. Je lui explique notre complementarite. Le meme complexe dualiste que le ying et le yang. Il acquiesse d'un leger hochement de la tete sur la droite.
Il y a des choses que les indiens percoivent, concoivent et comprennent sans que j'ai a donner plus d'explications que cela.
Je rentre a l'hotel prendre un petit dej avec Ded. Desormais, nous ne partageons plus que nos repas. Tant nos journees sont chargees de diverses activites.
Je pars pour une ballade et je croise Vicky, un autre, sur mon chemin. Il me propose ma premiere lecon de hindi. Ici meme, sur ce muret, dos au lac, face au passage, devant un petit tailleur de pierre, un autre. Les jambes pendantes, le dos chauffe par le soleil, une legere brise venant balayer mes hesitations face a la difficulte de prononciation. Deux heures passent. Certains passants s'arretent, et c'est bientot un auditoire que j'ai a mes pieds et grace auquel je peux m'exercer. Parfait.
Vicky me quitte et certains enfants prennent le relais. L'un d'eux m'invitent chez lui, pour boire le the avec sa famille. Je me retrouve alors chez un artiste peintre pour echanger quelques mots, pour partager un tchai et admirer l'oeuvre de miniatures.
A mon retour, Dada m'intercepte pour demander l'"authorisation" d'une lecon de travail sur cuir pour la confection d'un carnet de cuir. C'est d'accord. Pour 16h. Nous allons pour un tchai dans sa famille.
Je vais chercher Ded a son cours de peinture. Nous allons manger un bout ensemble et acheter des bananes pour le Vicky de l'hotel, qui se prend pour Hanuman et qui a besoin d'un peu de power.
(J'apprendrai plus tard dans la soiree que ce jeune homme de 25 ans a perdu ses parents a l'age de 10 ans, qu'il gere sa famille de 1 frere et 1 soeur depuis ce temps, qu'il gagne 2500 rps par mois et qu'il a parfois besoin d'un peu de power)
16h. Dans un sombre atelier, aux murs bleus et craqueles par l'humidite de la saison des moussons, je m'asseois face a un bloc de bois sur lequel est dispose un rectangle en cuir. Humidification, pour rendre le cuir plus tendre et receptif aux coups de tampons metalliques qui imprimeront des motifs. Coups de marteau, precision, changement de motif. Je trace des lignes au compas pour cuivre la courbe ou le segment, sans depasser.
Je m'amuse. J'apprend. Je suis artisan.
Je decouvre. Je me regale.
Le prof me fecilite. au tour de Ded. Pendant ce temps, j'enduis le cuir d'un colorant brun, a l'eponge, et les doigts de ma main droite s'en trouvent immediatement brunis.
Demain, j'ajouterai une couche de vernis et je percerais les trous pour coudre les feuilles de papier. Il faudra les acheter dans un autre endroit.
Hyper specialisation.
Je suis fiere de ce que j'ai entrepris. Je m'incruste ainsi dans la culture artisanale rajasthani.
Passage au bureau de Vicky, a l'hotel, ou je lui cherche une femme dans les pages matrimoniales du journal. Par caste. Par etat. Par profession. Par dialecte. Il m'explique que beaucoup de mariage sont arranges ainsi. Cela ne m'etonne plus.
A present, a la terrasse du resto ou nous avons desormais nos habitudes, je revise comme pour insister la ou ma langue se noue. Je tire, je tire, je tire, des sons censes etre differents mais qui ne le sont pas a mes oreilles. C'est la ou tout se complique. Les "t", les "th", les "tha", les "tah". Ca ira mieux demain, patauge-t-elle
"Bhartiye aadmi naraj hota hai, jab dutch aurat ka sharir, french bolta hai"
I'm an indian man's mind in a dutch woman's body who speak french
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